Dimanche 4 décembre 2005
PARIS SCOOTER SHOW et un peu plus …
 
Le 13 Novembre 2005 a eu lieu le 9ème Paris Scooter Show à l’Atrium de Chaville (92). Organisé par le Vulcan Scooter Club www.vulcansc.fr.st en association avec Radical GC et le Vespa Club de Chaville. Cette manifestation est une des rares de la sorte en France alors que d’autres pays européen comme l’Allemagne en compte plusieurs et de dimensions bien supérieures, merci donc aux Vulcan !
Pour ceux qui ne connaissent pas le milieu du scooter tendance scooter boy, ne vous attendez pas à ne trouver à Chaville que des exemplaires de collection restaurés façon maniaque de ces fameuses guêpes. Certes il y a bien de vieux modèles dans un état irréprochable mais le gros de l’expo est plutôt orientée transformation de scooters italiens plus où moins récents. Customisation me direz-vous ? Le terme pourrait convenir mais il me fait trop penser à ces trikes ciselées aux peintures pailletées que l’on trouvait dans ces magazines pseudo américains de mes jeunes années où encore aux réalisations plus qu’approximatives de Mob’Chop donc pas de customisation ici !
 
L’Atrium de Chaville est un lieu sympa à mi-chemin entre la MJC locale et le théâtre de Chaillot ! L’action se situe dans la salle d’expo en sous-sol accessible par escalier et dont un monte charge assure l’accès aux scooters.  La présentation est bien faite, quelques mises en scène avec photos et accessoires apportent un ton original. Le gros de la troupe est constitué de Vespa et de Lambretta, 2 marques italiennes qui auront marquées les esprits de nombre de vos parents qui les utilisaient pour aller au boulot où en vacances à une époque ou ils étaient bien moins chers que les automobiles.  Cela n’a pas duré après la démocratisation de modèles tels que la 4CV Renault où encore la 2CV Citroën.
 
Les vespas les plus intéressants arborent un niveau de réalisation très élevé. Les peintures sont de qualité et la mécanique n’est pas oubliée. Il est toujours étonnant de voir ce qu’il est capable de faire avec de simples monocylindres 2 temps de 200cc. Les allemands sont passés maîtres en la matière et n’hésitent pas des greffes aussi improbables que des cylindres de 250 cc Honda CR avec carbus de 30 et boite à clapets du même tonneau !  Les plus sauvages vont jusqu’au kit NOS, refroidissement liquide, etc. Les anglais sont eux des spécialistes des pots de détentes qui n’ont rien à envier à ceux des japoniaiseries que vous pouvez croiser sur les terrains de cross ! De nombreux magasins étaient également présents avec des stands de pièces et/où des réalisations complètes émanant de leurs ateliers. Les français de www.scooterworld.fr les anglais de www.italia-refinish-customscoots.com , les allemands très connus de www.sip.scootershop.com n’étaient pas là mais leur savoir faire est reconnu depuis de nombreuses années dans le milieu.
 
Des trophées sont remis à la fin de la journée aux plus beaux scooters et l’ambiance est relax dans les allées même si les visiteurs présents on un look très … underground ! Dans le milieu scootériste la musique à une très (trop) grande importance et plusieurs courants s’y croisent. Depuis de nombreuses années les runs (concentre scooters) vibrent au son de la Northern Soul et du Ska mais on y entends aussi de la pop anglaise branchouille et dans une moindre mesure du Punk, Hardcore, Techno (spécialité des runs allemands) et diverses bizarreries de fin de soirée !
Le public présent à ce show oscille donc entre amateurs de chacun de ces courants musicaux avec une commune attirance pour les scooters et pékin de passage. Attention cependant à ne pas assimiler les scooter boys à de simples aficionados des scooters italiens très pratique pour aller bosser en ville. La condition sine qua non pour mériter cette appartenance est de faire bon nombre de runs durant la saison en s’y rendant exclusivement en scooter où presque, le serrage intempestif étant légion avec ces petites bêtes surtout après plusieurs centaines de bornes d’autoroutes à fond …
 
Cela peut paraître très improbables mais de petits groupes de scooter boys sillonnent l’Europe pour se rendre à ces concentre et pourraient en remontrer à nombre de motards auto intronisés gros rouleurs ! Ces ‘terboys ont un certain mérite que leur accorderont tous ceux qui ont eu l’occasion de faire de la route sur un bon vieux Vespa quand même pas prévu pour aligner plus de 1000 bornes dans le week end ! Nous avons fait pas mal de runs avec mes potes du Northern VS, des week ends plutôt …rock’n roll !
 
Imaginez le froid humide d’un vendredi soir de mai 1994 à Beauvais, Oise. L’été n’est pas encore là et la nuit venue l’ambiance est plutôt …nordique ! Jojo et moi-même nous retrouvons pour un week-end mémorable …
 
Nous avions convenu de longue date de faire ce run Allemand dont les belges nous avaient tant parlé comme étant le premier d’un nouveau club bien dynamique. Nous devions donc nous rendre à Lippstad derrière Dortmund non sans avoir fait la traditionnelle halte à Liège pour passer une nuit chez Michelle et Olivier. Départ donc après le boulot vers 19h pour presque 400 Km d’autoroute. Le vent est favorable (très important le vent en vespa !) et cette première étape est avalée en à peine 4 heures sans trop de pluie. J’ai prêté une coque complète à jojo qui a put y monter son moteur dans la semaine et pouvoir venir car son scoot’ est en cours de transformation.
Nous profitons de l’aspiration des camions pour maintenir une moyenne très correcte. Attention quand même au serrage car aspiration = moins de refroidissement, moins de gaz donc moins d’huile ; méfiance …
 
Tout se passe bien et nous arrivons sur les coteaux de Liège vers 23h, un peu fourbus mais content. Comme d’habitude l’accueil est royal et nous finissons la soirée autour de lasagnes maison accompagnées des traditionnelles Jupi (ler), Jupille est un petit village à côté de Liège et cette bière se boit ici comme de l’eau ! Des casiers complets prennent d’ailleurs le frais sur la terrasse.
 
La nuit fut courte et nous mettons le cap sur l’Allemagne le samedi vers 11h. Lucie, Bruno, Fabian, Maud et Kiki nous ont rejoins, nous voilà donc 9 sur la route pour 5 scoots ça nous donne un petit air de Hells Angels sur les autoroutes wallons du roi Baudouin ! Heureusement que nos belges connaissent la route car je ne souhaite à personne de se perdre dans la Ruhr sous la pluie (il pleut) et ses autoroutes dans tous les sens ou seul le bled suivant est indiqué !  Le vent n’est plus du tout avec nous et la pluie redouble sur nos pauvres cirés Décathlon. Nous nous évertuions à cette époque à n’utiliser que des vêtements alternatifs absolument pas prévus pour l’usage demandé, il nous aurait été plus simple d’acheter une bonne combinaison de pluie de moto mais on a sa fierté !
 
C’est avec les fringues plus qu’humides que nous stoppons vers 14h dans un Mc Do, valeur sure du voyageur pour nous sustenter. Bref on va se faire un Big Mac because on a grave la dalle ! C’est dingue comme un Mc Do de zone industrielle peut devenir une oasis d’hospitalité et de tranquillité face aux éléments déchaînés (il pleut de plus en plus et à 14h on croirait qu’il fait nuit). Il est également étonnant de constater comment les propos échangés à cette occasion peuvent être d’une si faible intensité intellectuelle ! reBref, on ne raconte que des conneries pour ne pas dire plus, heureusement que les clients autour de nous ne nous comprennent pas ! La pause s’éternise et nous ne sommes pas très motivés pour repartir …
 
Il pleut un peu moins et nous remettons les scoots en route vers 16h, il nous reste environs 200 Km donc nous devrions être bon pour arriver à l’heure de la soupe. C’est ce qui aurait du se passer normalement avant que fabian ne crève. Comme sa roue de secours (privilège du vespa) est à plat, nous lui en prêtons une. Ca n’a l’air de rien et même si l’opération est rapide le changement d’une roue sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute allemande très roulante de nuit et sous la pluie se transforme vite en épreuve ! La dextérité de nos gros doigts gelés fait que nous ne restons pas trop longtemps en fâcheuse posture.
 
Nous quittons l’autoroute pour les derniers kilomètres, il est 19h passée et le vent de face a vraiment cassé la moyenne des vespa carrossés comme des armoires normandes !
De l’autoroute  nous passons sur des départementales qui ressemblent plus à des torrents qu’à des voies praticables. Les nombreuses traversées à gué ( !?!) auront raison du moteur de fabian qui s’arrêtent dans un chouette beuheuheuheu … Ambiance : nuit noire, pluie, forêt, personne à l’horizon. Pas la peine de réfléchir des heures et on sort les outils. L’avantage du vespa dans de telles conditions est qu’il se bricole comme une grosse mob, un tournevis, une clé de 8 et de 13 et vous pouvez démonter 99% du bazar ! Bougie, gicleurs et filtre à air sont déposés et nettoyés mais rien n’y fait. Le moteur est plus qu’humide et il doit s’agir d’une panne électrique. Nous commençons donc à démonter et sécher (sous la pluie, j’insiste) tout ce qu’on trouve sur le bloc qui n’est plus de la première jeunesse et n’a pas vu un mécano depuis … la dernière fois !
Après moult démontages et quelques essais de démarrage à la poussette le berlingue reprends enfin vie, il était temps vu qu’à presque 20h30 nous avons vraiment hâte d’arriver !
 
Les premiers panneaux annonciateurs sont là et nous voila à l’entrée du campsite enfin, de la pâture à vache même pas tondue ! Petit réconfort, les gars de l’entrée en voyant nos plaques française nous font 100% de réduction, sympa. Il ne nous reste plus qu’à monter la tente (toujours sous la pluie). C’est toujours un exercice particulier dans le noir après tant de route lorsqu’on ne se rend pas compte de l’endroit ou l’on est !
 
Il est presque 22h quand nous arrivons au bar du chapiteau qui abrite également la sono d’une soirée qui a l’air d’être commencé depuis longtemps pour certains. 2 marks la pinte de bière, il va falloir que l’on mange un peu de pâtes à la sauces tomates si on ne veut pas finir comme ces charmants scooter boys allemands que nous avons vu vomir en entrant…Nous prenons un bon rythme de croisière alternant bière, schnaps et cocktails que je n’ai jamais revu ailleurs : dans une pinte vide mettez 2 doigts de RedBull, un trait de genièvre et complétez avec de la bière blonde (type Grolsch) et vous vous retrouvez avec un truc à ne pas mettre en toutes les mains !
Bref la nuit est bien partie pour être chaude ! La sono déverse les standards de concentre Northern soul et Rock Steady avec quelques touches germaniques style « I like to move it » pour ceux qui connaissent. Tout roule et on rigole franchement, les belges étant de gros fétards que même une route éprouvante ne décourage pas de vider des chopines en tapant les pas de danse qui vont bien.
La remise des prix commence et c’est avec plaisir que nous nous voyons décerné le « best road » pour le plus gros kilométrage fait pour venir. Jojo me montre un gars qui semble totalement disproportionné. Alors que nous passons facilement sous les traverses du chapiteau, lui s’y appuie avec les coudes ! En plus il ne semble pas avoir plus de 18 ans, un vrai golgoth comme ont dit. On pose le trophée (planchette + pignon de 4ème) sur le bar afin de le fêter dignement, ce que nous fîmes. Jusque trop tard malheureusement ….
 
Nous émergeons dimanche matin avec un mal de cheveux caractéristiques et pas du tout envie de se taper les 600 bornes du retour … Direction le chapiteau d’où provient une délicieuse odeur de frustuck à l’allemande. Ils servent de l’omelette avec des oignons, des petits pains et de grandes tasses de café, exactement ce qu’il nous fallait pour petit déjeuner … à 11h30 !
Les belges ne sont pas non plus pressés de partir puisqu’ils ont moitié moins de kilomètres à faire que nous. La pluie a cessée mais le vent la remplace, vous connaissez le proverbe : entre la peste où le choléra …. Grâce à notre habitude nous ne cherchons pas les sanitaires qui n’existent pas et la toilette du matin se résume à …rien. Pliage de tente et roule.
 
Les premiers kilomètres se font un peu dans le coton mais le vent nous réveille assez vite même si nous sommes un peu sur les réserves ! Tout se passe bien jusqu’à Liège ou nous arrivons vers 19h. Nous avions prévu de continuer sans s’arrêter mais finalement Jojo et moi ne pouvons résister à une super bouffe sur l’aire d’autoroute de Barchon : sandwich triangle, chips et coca, que du diététique ! Nous faisons le bilan du week end avec les liègeois en termes choisis. Il semble que nous ne présentions pas trop bien puisque les gens qui passent donnent la main à leurs gosses et nous scrutent comme si nous venions de descendre d’un vaisseau spatial ! Ce n’est finalement pas si dérangeant et on se marre bien !
 
La Belgique est vraiment très accueillante mais il nous reste presque 400km et demain « y’a école ». Ignition.
Il fait bien nuit quand nous repartons mais nous connaissons très bien la deuxième partie de la route. Les gens dans les voitures qui nous doublent nous regardent avec des yeux exorbités, je doute qu’ils nous envient beaucoup. Qu’ils se rassurent, nous non plus !
L’autoroute est certes un peu monotone mais on moins on avance sans avoir à sortir la carte toutes les 5 minutes. La sortie Roye est enfin en vue et nous nous y arrêtons un peu plus longuement. Il est minuit passé et on commence à accuser vraiment le coup. Il m’arrive même de piquer du nez en roulant ! Ce n’est pas sérieux. Donc on y retourne et vraiment nous traversons des villages qui paraissent complètement morts :  à Froissy un tel dimanche soir il ne doit pas y avoir plus de pékin que sur l’Altiplano péruvien ! On s’attend presque à voir des buissons rouler en travers de la route …
 
Je regarde ma montre qui indique 1h10 en rentrant le scoot’ au garage. 1300 bornes dans le week end avec ce bon vieux Géminox qui ne demande qu’à repartir.  A chaque fois que je raconte ce type de sortie les jours suivants, les gens hésitent entre me prendre pour un fou où un très bon menteur. Cela nous conforte dans notre appartenance à la petite tribu des scootéristes … Seule saura y mettre fin la R90S que j’achèterai en 96 mais ça c’est une autre histoire !
 
 
Dimanche 20 novembre 2005
ESSAI BMW R1150R
 
Au premier regard la BMW R1150R sert un design alliant classe et sobriété. Les lignes sont plus travaillées que sur l’ancienne R1100R et l’ensemble parait plus homogène. BMW a beaucoup travaillé sur l’intégration des éléments qui grévaient jusque-là l’esthétique de la moto. Les radiateurs d’huile sont désormais dans le prolongement du réservoir et ne font plus « oreilles de mickey » au-dessus des cylindres, les deux demi guidons en alu moulé sont remplacés par un traditionnel tube sans histoire. De la même manière les jantes perdent leur aspect massif pour cinq doubles branches du plus bel effet qui doivent beaucoup au look des automobiles de la marque.
 
Le télélever gagne également en légèreté, sa section est plus faible et son dessin ajouré participe à alléger l’ensemble. Le seul appendice vraiment discutable reste le garde-boue avant et sa forme de pelle retournée beaucoup plus mastoc que ceux de la concurrence (comme tout le reste diront les mauvaises langues). Il a cependant l’avantage de prolonger les lignes du réservoir et de briser un peu la longueur interminable des tubes de fourche qui, au passage, n’ont qu’une fonction de guidage. L’amortissement avant est en effet assuré par un mono amortisseur placé entre l’épine dorsale du faux cadre et le bras du télélever.
 
Cette moto n’est pas faite uniquement pour être regardée alors en selle ! Celle-ci est confortable et possède un revêtement anti-dérapant bien adapté. Le guidon n’est pas trop loin même si les petits gabarits risquent d’avoir les bras un peu tendus mais leurs pieds devraient bien poser sur le sol car la hauteur de selle est dans les standards. Il est clair que nous sommes sur un roadster, les jambes sont suffisamment détendues pour être à l’aise et seul le poids s’avère gênant. Cette moto pèse très (trop) lourd et les manœuvres à l’arrêt doivent se faire avec circonspection surtout si vos pieds ne sont pas bien à plat. Les 250 kilos en ordre de marche se font alors bien sentir et mieux vaux éviter de reculer en tournant sur des gravillons !
 
Heureusement l’engin est équipé d’un moteur alors profitons-en. La procédure de démarrage impose d’attendre l’extinction du premier voyant de l’ABS avant d’actionner le démarreur, vous laissant alors profiter du sifflement de l’assistance de freinage avec à la clé les regards en coin des passants dubitatifs. Starter, une pression sur le bouton et le twin s’ébroue avec le balancement caractéristique des boxers BMW dans un bruit feutré pour ne pas dire électrique. Le starter peut être repoussé presque immédiatement dès que le moteur tourne, l’injection aurait certainement put s’en charger automatiquement. Pendant que le bouilleur chauffe sans réveiller vos voisins, vous pouvez régler la précharge de l’amortisseur arrière sans descendre de la selle par une molette à clics qui se révèle très pratique à l’usage. La détente se règle classiquement avec un tournevis plat comme pour l’avant.
 
Il n’y a pas de bruits de fonctionnement si ce ne sont les culbuteurs qui cliquètent devant vos genoux en attendant d’avoir atteint leur température idéale. La boite est un peu ferme mais vous évite le traditionnel « klong » au passage de la première. Les premiers mètres rendent la moto plus légère et vous goûtez rapidement au remarquable équilibre de cette machine. Le couple de renversement disparaît également et c’est serein que vous vous intégrez dans le trafic citadin, au-delà de dix km/h vous pilotez un véritable vélo.
 
C’est au premier freinage que vous réalisez qu’aucune moto n’est pensée comme une BMW. La course du levier est courte même réglée au plus grand (4 positions) et vous venez de freiner trop fort grâce à l’assistance et au couplage avant/arrière (au levier uniquement, la pédale n’actionne que l’arrière). Le télélever rempli à merveille sa fonction d’anti-plongée et l’ABS complète parfaitement le dispositif en permettant au commun des mortels d’utiliser à cent pour cent la puissance de freinage et ceci dans toutes les situations : chargé,sous la pluie, en urgence. Un véritable plus en matière de sécurité qui nécessite cependant un minimum d’apprentissage tant il est violent, surtout à basse vitesse. C’est une option à 1070 euros remboursée dès la première chute évitée …
 
Une fois sorti de la ville le couple du moteur ne demande qu’à s’exprimer et la zone rouge à 7500 tr/mn qui vous avait surpris de prime abord se révèle plus que suffisante. Ce twin reprend sans peine dès 2000 tours et passé 3000 vous disposez d’assez de m/kg pour vous offrir des accélérations jouissives sans être cependant violentes. Les 85 chevaux présents font passer l’agrément de conduite avant la performance. Il convient de passer les rapports à 4500 tours en conduite souple et de décomposer les mouvements sous peine de rappels à l’ordre du cardan. A ce régime vous roulez à 130 km/h, vitesse au-delà de laquelle vous serez en infraction sur l’autoroute, rien de grave car cette moto n’est pas faites pour cela.
Le manque de protection et le dessin du réservoir qui empêche de le serrer correctement font que l’autoroute est très fatigante passé 140 même avec le petit saute vent disponible en option (130 euros). Les amateurs devront se pencher sur les catalogues des accessoiristes pour trouver un modèle plus protecteur.
 
Ce roadster est donc très à l’aise sur le réseau secondaire et ne se désunit que très rarement lorsque le revêtement est fortement dégradée et la conduite plus musclée. Ce n’est pas une sportive mais la prise d’angle n’est limitée que par les cylindres et la béquille centrale qui se disputent la primeur de racler le bitume. La partie cycle ne vous fera pas de sale coup, bien relayée par les Michelin macadam et pilot road parfaitement adaptés à son caractère. Cette moto se prête volontiers au duo comme d’ailleurs toute la gamme BMW, sa selle passager est confortable et suffisamment grande. Il faut cependant choisir l'option supports de valises (110 euros) pour avoir des poignées passager. Vous pouvez ajouter le porte-paquets (95 euros) finalement plus pratique pour se tenir et si vous aimez vraiment votre moitié, optez pour la selle confort (135 euros) et elle vous sera éternellement reconnaissante ! Vu la place disponible votre passagère prendra ses aises et laissera le vent s’engouffrer entre vous, ternissant un peu le tableau. De plus veillez à ne pas freiner trop fort car la violence de la décélération pourrait bien laisser des traces à l’arrière de votre casque …
 
Vous l’aurez compris après tous ces détails la BMW R1150R n’est pas exempte de défauts mais aucun n’est véritablement rédhibitoire sauf peut-être le prix (11350 euros sans options) qui fera réfléchir les moins fortunés. Sachez seulement que si vous ajoutez le prix d’un monobras, d’un cardan’ d’une fourche aussi efficace et d’une bonne finition à la concurrence de même cylindrée, vous verrez que vous n’êtes pas perdant.
 
Pour ne rien vous cacher cette moto est la mienne et je roule avec depuis maintenant plus de 2 ans. Elle totalise 32000 km et n’a souffert d’aucuns problèmes particuliers, je me suis juste contenté de faire les révisions constructeur (1000, 10000, 20000, 30000 pour respectivement 0, 130, 230, et 152 euros). Mon premier train de pneus a tenu 14000 km pour l’arrière et 21000 km pour l’avant. Il s’agissait de Dunlop D207 qui m’ont entièrement satisfait même en matière de longévité bien que typés hypersport. Je les ai changés pour un macadam 100 à l’arrière et un pilot road à l’avant. Le macadam pour son endurance et son caractère bien adapté à ce gros roadster et le pilot road pour son grip correct même sur le mouillée et son profil bien rond évitant l’usure en « escalier » constatée sur le D207. Les plaquettes avant sont d’origine alors que les arrières ont été changés à la révision des 30000. Je n’utilise cette moto que pour mes loisirs et elle vieillit bien. Un bon lavage et elle pourrait paraître neuve ! Son homogénéité en fait une bonne à tout faire qui saura vous emmener loin avec armes et bagages mais aussi prendre de l’angle sur le réseau secondaire, un véritable couteau suisse ! La consommation est plus que correcte puisqu’elle tourne autour de 5.5 litres au 100 km en conduite normale mais ne monte pas énormément si vous forcez l’allure. L’entretien est limité surtout grâce au cardan et au final l’opération la plus courante avec la pression des pneus sera le contrôle du niveau d’huile. Le flat de forte cylindrée à tendance à consommer un peu d’huile ce qui est normal, pour ma part je rajoute environ 50 cl entre 2 vidanges suivant les parcours effectués.
 
En résumé, le positifs : -     bonne à tout faire
-         couple plus que suffisant
-         freinage au top (avec option ABS intégral sport)
-         tenue de route
 
Le négatif :                     -     prix, notamment avec options
-         absence de protection (cela devient un point positif lorsqu’il s’agit de conserver son permis)
-         poids un peu trop élevé
-         espace de rangement trop faible sous la selle pour une moto de ce type
 
 

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