Lundi 26 juin 2006
Bon, depuis le temps que les magazines me mettent la nouvelle R1200S sous le nez à tout bout de champ, je résiste, je résiste … Mais là c’en est trop et je pars pour un (trop bref ) contact.
En découvrant la bête pour la première fois en vrai je dois admettre que c’est une très belle moto. Cette peinture rouge et argent (option à 475 €) lui va comme un gant et la ligne générale est nettement typée sport, bien plus que sur l’ancienne. La moto semble comme coupée en deux par l’horizontale : le haut pour la carrosserie et le bas pour la partie cycle et le moteur. Les couleurs ne sont pas étrangères à cela puisque la peinture est très voyante alors que tout le bas où presque est noir, moteur inclus. Point de déséquilibre pour autant puisque ces deux volumes se marient très bien dans un style très classe. La partie arrière a presque des faux airs de Desmosedici c’est dire !
Assez parlé. N’y tenant plus je tourne la clé, presse le bouton après l’initialisation de l’électronique et le moteur s’ébroue dans un grand bruit silencieux ( !). Le pot est très beau avec ses deux sorties surélevées surmontées d’un feu à leds mais pour la mélodie il va falloir ressortir la carte bleue ! Je finis de mettre mes gants en laissant la mécanique chauffer. Le tableau de bord est très complet avec sa fenêtre à cristaux liquides : trips, température, vitesse engagée, heure etc etc. Tout cela ressemble beaucoup à celui de la R1200ST sortie il y a quelques mois.
La première passe facilement et me voilà parti. La position est vraiment sport et très en appui sur les poignets. Ce n’est pas encore une 999 mais on s’en approche, la selle ne doit d’ailleurs pas en être très loin. Dans un passé relativement proche j’aurais put la qualifier de « tranche de jambon », analogie plutôt démonstratrice. A ce sujet le duo ne semble pas être le fort de cette moto puisque le strapontin du passager est placé à un bon dix cm de celui du pilote. Il est ici remplacé par l’option capot de selle au demeurant fort réussi (219 €).
Pour ces premiers kilomètres je suis content de constater que le rayon de braquage est très bon et permet de tourner dans tous les petits coins de la circulation citadine. Ce qui étonne vraiment lorsqu’on est habitué aux flats BMW c’est l’absence d’inertie de ce nouveau moteur. Il monte facilement dans les tours à la moindre sollicitation de l’accélérateur et les rétrogradages un peu sévères passent bien mieux que sur la 1100. Le nouvel ensemble pont / bras oscillant (lubrifié à vie)  n’y est pas non plus étranger.
En contrepartie ce 1200 a perdu de la souplesse sous 3000 tours, seuil sous lequel il n’accepte d’évoluer qu’avec un gant de velours. Heureusement l’embrayage est très souple, les poignées sont fines et les bracelets assez écartés pour ne pas ternir le tableau. Mention spéciale pour le nouveau freinage evo couplé à l’ABS (option), il a perdue cette brutalité tant décriée pour offrir une progressivité plus dans les normes de la concurrence. La puissance est toujours au rendez-vous et la présence de l’anti blocage (option à 950 €) est très sécurisante, il sera difficile de prendre ce freinage en défaut. L’ABS est maintenant déconnectable pour ceux qui voudraient tâter du circuit et n'inclus plus d'assistance ni de couplage avant / arrière au levier.
Le chassis est assez neutre et la moto se balance très facilement sans aucunes réactions négatives. Le telelever fonctionne toujours aussi bien et l’avant ne plonge quasiment pas, même sur les freinages les plus appuyés. La boite six se fait complètement oublier, la conduite n’en est que plus facile. Les quinze bons kilos gagnés sur le poids de la bête donnent à l’ensemble une légèreté inconnue jusqu’alors. La moto est très homogène et met tout de suite en confiance, il n’y a guère que la forme du réservoir qui ne soit pas très pratique. Seuls les genoux portent et non les cuisses ce qui n’est pas idéal pour le serrer, défaut identique à ma R1150R.
L’amortisseur sport Ohlins de cette moto (option à 610 €) fonctionne très bien même s’il est un peu dur. C’est sans doute du à un réglage ferme, je n’aurai pas le temps d’en essayer un autre. Sa présence est en tout cas très valorisante et rehausse encore le ton très sportif de ce nouveau flat.
Toutes les velléités GT de l’ancienne R1100S ont disparues, d’ailleurs BMW n’a pas daigné équiper cette nouvelle mouture de ses habituelles valises. Seuls une sacoche de réservoir à 239 € et un sac de selle à 139 où 159 € (suivant contenance) sont disponibles pour voyager.
Au final BMW propose ici l’interprétation de série la plus sportive de son historique flat twin. La finition est de très bonne qualité et de nombreuses pièces de belle facture tel que les repose pieds, le bras oscillant où encore le té supérieur vous en donne pour (presque) votre argent. Effectivement, avec un prix de base de 13500 € la R1200S ne s’adresse pas à toutes les bourses d’autant que l’addition peut vite atteindre les 15-16000 € si vous vous laissez tenter par quelques unes des nombreuses options. C’est cher mais cette sportive n’a rien de commun avec ses concurrentes aux yeux bridés, des motos très efficaces mais d’un charisme comment dire … différent !
Cette nouvelle BMW se situe donc quelque part à mi chemin entre une Guzzi Le Mans et une Ducati 999, elle ne sera jamais une vraie pistarde mais sera plus que suffisante pour se faire de vraies bonnes sensations motardes sur nos routes de tous les jours. Bien menée elle saura tenir la dragée haute à beaucoup d’autres sportives.
 
Site BMW officiel dédié à la R1200S
 
Un grand merci à yoan de chez Futurmoto pour le prêt de cette R1200S.  http://www.futurmoto-bmw.com/
 
Dimanche 20 novembre 2005
ESSAI BMW R1150R
 
Au premier regard la BMW R1150R sert un design alliant classe et sobriété. Les lignes sont plus travaillées que sur l’ancienne R1100R et l’ensemble parait plus homogène. BMW a beaucoup travaillé sur l’intégration des éléments qui grévaient jusque-là l’esthétique de la moto. Les radiateurs d’huile sont désormais dans le prolongement du réservoir et ne font plus « oreilles de mickey » au-dessus des cylindres, les deux demi guidons en alu moulé sont remplacés par un traditionnel tube sans histoire. De la même manière les jantes perdent leur aspect massif pour cinq doubles branches du plus bel effet qui doivent beaucoup au look des automobiles de la marque.
 
Le télélever gagne également en légèreté, sa section est plus faible et son dessin ajouré participe à alléger l’ensemble. Le seul appendice vraiment discutable reste le garde-boue avant et sa forme de pelle retournée beaucoup plus mastoc que ceux de la concurrence (comme tout le reste diront les mauvaises langues). Il a cependant l’avantage de prolonger les lignes du réservoir et de briser un peu la longueur interminable des tubes de fourche qui, au passage, n’ont qu’une fonction de guidage. L’amortissement avant est en effet assuré par un mono amortisseur placé entre l’épine dorsale du faux cadre et le bras du télélever.
 
Cette moto n’est pas faite uniquement pour être regardée alors en selle ! Celle-ci est confortable et possède un revêtement anti-dérapant bien adapté. Le guidon n’est pas trop loin même si les petits gabarits risquent d’avoir les bras un peu tendus mais leurs pieds devraient bien poser sur le sol car la hauteur de selle est dans les standards. Il est clair que nous sommes sur un roadster, les jambes sont suffisamment détendues pour être à l’aise et seul le poids s’avère gênant. Cette moto pèse très (trop) lourd et les manœuvres à l’arrêt doivent se faire avec circonspection surtout si vos pieds ne sont pas bien à plat. Les 250 kilos en ordre de marche se font alors bien sentir et mieux vaux éviter de reculer en tournant sur des gravillons !
 
Heureusement l’engin est équipé d’un moteur alors profitons-en. La procédure de démarrage impose d’attendre l’extinction du premier voyant de l’ABS avant d’actionner le démarreur, vous laissant alors profiter du sifflement de l’assistance de freinage avec à la clé les regards en coin des passants dubitatifs. Starter, une pression sur le bouton et le twin s’ébroue avec le balancement caractéristique des boxers BMW dans un bruit feutré pour ne pas dire électrique. Le starter peut être repoussé presque immédiatement dès que le moteur tourne, l’injection aurait certainement put s’en charger automatiquement. Pendant que le bouilleur chauffe sans réveiller vos voisins, vous pouvez régler la précharge de l’amortisseur arrière sans descendre de la selle par une molette à clics qui se révèle très pratique à l’usage. La détente se règle classiquement avec un tournevis plat comme pour l’avant.
 
Il n’y a pas de bruits de fonctionnement si ce ne sont les culbuteurs qui cliquètent devant vos genoux en attendant d’avoir atteint leur température idéale. La boite est un peu ferme mais vous évite le traditionnel « klong » au passage de la première. Les premiers mètres rendent la moto plus légère et vous goûtez rapidement au remarquable équilibre de cette machine. Le couple de renversement disparaît également et c’est serein que vous vous intégrez dans le trafic citadin, au-delà de dix km/h vous pilotez un véritable vélo.
 
C’est au premier freinage que vous réalisez qu’aucune moto n’est pensée comme une BMW. La course du levier est courte même réglée au plus grand (4 positions) et vous venez de freiner trop fort grâce à l’assistance et au couplage avant/arrière (au levier uniquement, la pédale n’actionne que l’arrière). Le télélever rempli à merveille sa fonction d’anti-plongée et l’ABS complète parfaitement le dispositif en permettant au commun des mortels d’utiliser à cent pour cent la puissance de freinage et ceci dans toutes les situations : chargé,sous la pluie, en urgence. Un véritable plus en matière de sécurité qui nécessite cependant un minimum d’apprentissage tant il est violent, surtout à basse vitesse. C’est une option à 1070 euros remboursée dès la première chute évitée …
 
Une fois sorti de la ville le couple du moteur ne demande qu’à s’exprimer et la zone rouge à 7500 tr/mn qui vous avait surpris de prime abord se révèle plus que suffisante. Ce twin reprend sans peine dès 2000 tours et passé 3000 vous disposez d’assez de m/kg pour vous offrir des accélérations jouissives sans être cependant violentes. Les 85 chevaux présents font passer l’agrément de conduite avant la performance. Il convient de passer les rapports à 4500 tours en conduite souple et de décomposer les mouvements sous peine de rappels à l’ordre du cardan. A ce régime vous roulez à 130 km/h, vitesse au-delà de laquelle vous serez en infraction sur l’autoroute, rien de grave car cette moto n’est pas faites pour cela.
Le manque de protection et le dessin du réservoir qui empêche de le serrer correctement font que l’autoroute est très fatigante passé 140 même avec le petit saute vent disponible en option (130 euros). Les amateurs devront se pencher sur les catalogues des accessoiristes pour trouver un modèle plus protecteur.
 
Ce roadster est donc très à l’aise sur le réseau secondaire et ne se désunit que très rarement lorsque le revêtement est fortement dégradée et la conduite plus musclée. Ce n’est pas une sportive mais la prise d’angle n’est limitée que par les cylindres et la béquille centrale qui se disputent la primeur de racler le bitume. La partie cycle ne vous fera pas de sale coup, bien relayée par les Michelin macadam et pilot road parfaitement adaptés à son caractère. Cette moto se prête volontiers au duo comme d’ailleurs toute la gamme BMW, sa selle passager est confortable et suffisamment grande. Il faut cependant choisir l'option supports de valises (110 euros) pour avoir des poignées passager. Vous pouvez ajouter le porte-paquets (95 euros) finalement plus pratique pour se tenir et si vous aimez vraiment votre moitié, optez pour la selle confort (135 euros) et elle vous sera éternellement reconnaissante ! Vu la place disponible votre passagère prendra ses aises et laissera le vent s’engouffrer entre vous, ternissant un peu le tableau. De plus veillez à ne pas freiner trop fort car la violence de la décélération pourrait bien laisser des traces à l’arrière de votre casque …
 
Vous l’aurez compris après tous ces détails la BMW R1150R n’est pas exempte de défauts mais aucun n’est véritablement rédhibitoire sauf peut-être le prix (11350 euros sans options) qui fera réfléchir les moins fortunés. Sachez seulement que si vous ajoutez le prix d’un monobras, d’un cardan’ d’une fourche aussi efficace et d’une bonne finition à la concurrence de même cylindrée, vous verrez que vous n’êtes pas perdant.
 
Pour ne rien vous cacher cette moto est la mienne et je roule avec depuis maintenant plus de 2 ans. Elle totalise 32000 km et n’a souffert d’aucuns problèmes particuliers, je me suis juste contenté de faire les révisions constructeur (1000, 10000, 20000, 30000 pour respectivement 0, 130, 230, et 152 euros). Mon premier train de pneus a tenu 14000 km pour l’arrière et 21000 km pour l’avant. Il s’agissait de Dunlop D207 qui m’ont entièrement satisfait même en matière de longévité bien que typés hypersport. Je les ai changés pour un macadam 100 à l’arrière et un pilot road à l’avant. Le macadam pour son endurance et son caractère bien adapté à ce gros roadster et le pilot road pour son grip correct même sur le mouillée et son profil bien rond évitant l’usure en « escalier » constatée sur le D207. Les plaquettes avant sont d’origine alors que les arrières ont été changés à la révision des 30000. Je n’utilise cette moto que pour mes loisirs et elle vieillit bien. Un bon lavage et elle pourrait paraître neuve ! Son homogénéité en fait une bonne à tout faire qui saura vous emmener loin avec armes et bagages mais aussi prendre de l’angle sur le réseau secondaire, un véritable couteau suisse ! La consommation est plus que correcte puisqu’elle tourne autour de 5.5 litres au 100 km en conduite normale mais ne monte pas énormément si vous forcez l’allure. L’entretien est limité surtout grâce au cardan et au final l’opération la plus courante avec la pression des pneus sera le contrôle du niveau d’huile. Le flat de forte cylindrée à tendance à consommer un peu d’huile ce qui est normal, pour ma part je rajoute environ 50 cl entre 2 vidanges suivant les parcours effectués.
 
En résumé, le positifs : -     bonne à tout faire
-         couple plus que suffisant
-         freinage au top (avec option ABS intégral sport)
-         tenue de route
 
Le négatif :                     -     prix, notamment avec options
-         absence de protection (cela devient un point positif lorsqu’il s’agit de conserver son permis)
-         poids un peu trop élevé
-         espace de rangement trop faible sous la selle pour une moto de ce type
 
 

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