Dimanche 18 décembre 2005
EN PASSANT PAR MUNICH
 
Amateur de BMW que vous êtes, l’envie d’aller voir à Munich quel temps il fait a bien du vous passer par la tête une où deux fois, il suffit juste de se décider !
Comme je souhaite avant tout vous parler de moto je passerai sous silence la fameuse oktoberfest plus connue chez nous comme fête de la bière ! Elle se déroule en octobre et n’est pas du tout le sujet de cet article !?!
Munich abrite donc le siège de BMW avec sa tour aux 4 cylindres bien connue et dans le bol situé tout près un musée dédié à la marque. Vous n’êtes pas sans savoir qu’avant d’être transférée à Berlin l’unité de production de vos bon vieux flat était en Bavière. En effet, pour ceux qui n’aurait pas tout suivi, le B de BMW signifie bien Bavière (bavaroise en l’occurrence) Bayerische Motoren Werke, il y en a bien un où deux qui ne le savaient pas hein ? Allez, pour me faire plaisir …
BMW qui ne s’appelait pas encore ainsi y a fondé en 1911 une fabrique d’avions sur le site d’Oberwiesenfeld qui fut le premier terrain d’aviation de Munich, le sigle bleu et blanc de la marque symbolisant une hélice en rotation. En 1913 y est ajouté un département moteur d’avions et ce n’est qu’en 1917 que la marque adopte les 3 lettres bien connues.
A partir de 1923 l’usine se tourne vers la production de motos. C’est Max Friz concepteur de la R32 qui va poser les bases techniques mais aussi qualitatives de la marque. Vous noterez au passage que ce n’est qu’en 1929 à l’usine de Berlin que la marque va s’intéresser aux automobiles. C’est toujours bon à savoir si un propriétaire de 4 roues vous snobe chez le concessionnaire …
De 1949 à 1969 la production de moto sera petit à petit déplacée à l’usine de Berlin.  
 
Donc vous êtes à Munich et vous êtes bien décidé à visiter ce fameux musée, malheureusement il va falloir attendre jusqu’en 2007 pour cause de travaux…
Dans leur grande mansuétude les dirigeants de votre marque préférée ont pensés à vous en mettant en place une exposition provisoire à l’Olympia Park situé de l’autre côté du boulevard. Un échantillon représentatif des productions bavaroises à travers les années y a été déplacé. Les 1200 m2 dévolus à cette exposition sont majoritairement occupés par les voitures, j’aurai souhaité l’inverse, vous aussi je pense ? Heureusement quelques très belles motos sont là pour témoigner de l’attachement historique de la marque aux deux roues.
 
La première chose que vous verrez en entrant est un magnifique moteur d’avion en étoile à 9 cylindres de 1934. Il est ajouré en de nombreux endroits afin de vous en faire découvrir les entrailles. Je ne savais pas que c’est le volant moteur (ou une masse du vilebrequin ?) qui commande l’ouverture des soupapes par tiges et culbuteurs. Des bossages y sont présents et actionnent les tiges de culbuteurs grâce au petit roulement qui est à leur base. L’usinage d’une telle pièce n’a certainement pas été fait par un débutant vu sa taille et le nombre de ces bosses qui doivent être placées au bon endroit sous peine de fonctionnement boiteux !
Juste après se trouve la boutique qui vends tant de belles images et de modèles réduits qu’on a envie de tout acheter ! Elle jouxte une mini salle de cinéma qui passe en boucle un film plutôt sympa sur un motard années 30 chevauchant un superbe flat de la même époque. Il évolue en montagne sur des routes à peine déneigées et franchement, j’aurais bien été faire un tour avec lui !
Les motos suivent ensuite avec un modèle qui a fait beaucoup pour la renommée de la marque : la 750cc des records du monde d’Ernst Henne modèle 1936. La dernière avant celles qui seront totalement carénée. Avec cette moto il mit fin à son duel avec Wright sur OEC Temple en signant un impressionnant 256 Km/h !
En détaillant cette moto, force est de constater qu’elle est l’œuvre unique d’artisans hors pair. Le carénage métallique est martelé à la main, tous les rembourrages nécessaires sont en cuir et assemblés avec cette légère imperfection du « cousu main ». La préparation va jusqu’à profiler les jambes de la suspension avant à lames ( !?!) de même que la fourche et le guidon qui avec ses poignées verticales donne cet aspect avant-gardiste à l’ensemble. Même l’ensemble cylindre/culasse semble avoir été spécialement travaillé pour favoriser l’aérodynamisme. C’est vraiment une moto magnifique, véritable vitrine du savoir faire technologique de la marque à cette époque.
 
Non loin de cette entrée en matière se situe le gros des motos avec plusieurs modèles dans un enclos de verre. Le premier et non des moindres est un side car R75 de 1947 avec carénage « mustang ». Il s’agit d’une version améliorée et coursifiée de la R75 si efficace aux mains de la Wermacht grâce notamment à la roue motrice du panier. Cet équipement n’a toutefois pas été conservé sur le modèle de l’expo car inutile et trop pénalisant en utilisation course.
Ce side car n’est pas encore un basset mais posa les bases de la domination de la marque dans le championnat mondial de cette discipline. Il fallut cependant attendre 1954 pour que le Rennsport disponible depuis 1953 amène le titre de champion du monde à BMW. Cette domination outrancière perdura jusqu’en 1974, année ou les 2 temps devinrent trop puissant pour le flat vieillissant. Mike Krauser développa une ultime version tout de même capable de 250 Km/h mais ce ne fut pas suffisant.
 
Tout de suite à coté du 3 roues trône un exemplaire qu’on croirait neuf de la R32 de 1923, modèle donc découle encore les productions BMW d’aujourd’hui. L’équation flat-twin + cardan était partie pour dicter la production d’innombrables motos BMW dont même la R 1200 GS HP2 toute récente peut se revendiquer.
Les autres 2 roues exposés sont plus courant mais affichent tous une qualité de conservation ou de restauration vraiment exceptionnelle. Il y a dans le désordre une R 24 de 1949, une R 50/2 version Polizei de 1960, une R 60/5 de 1973, une R 80 G/S de 1983, une K1 de 1993, une R 25/3 carénée et enfin une R 1150 GS de 1999 que vous aurez tous aperçu chez votre concessionnaire !
 
BMW a choisi d’exposer également beaucoup de voitures, très exactement 24 contre seulement 10 motos. Là encore les voitures semblent neuves, la plus ancienne une 3/15 CV cabriolet de 1931 n’ayant rien à envier à la plus récente, une Williams F1 de 2003. Je ne suis pas spécialement amateur des 4 roues BMW (mon porte-monnaie est totalement inadapté) mais je dois reconnaître que la 735i de 1987 me conviendrait tout à fait !
 
Assurément BMW a une histoire très fournie et la condenser sur une surface aussi serrée n’a pas du être chose facile pour les décideurs de cette présentation temporaire. Si vous voulez plus de détails sur l’histoire de la marque et notamment les publications de BMW sur le sujet vous pouvez aller voir ici www.bmw-mobiletradition.com . Le site de Munich est actuellement en quasi complète réorganisation et prouve que BMW ne vit pas que par le passé même si elle ne le renie pas. Vous pouvez aller voir ici www.bmw-welt.com notamment les travaux du projet « BMW Welt », un nouvel espace ultra moderne dédié sur le site historique de la marque bavaroise.
 
Dimanche 4 décembre 2005
PARIS SCOOTER SHOW et un peu plus …
 
Le 13 Novembre 2005 a eu lieu le 9ème Paris Scooter Show à l’Atrium de Chaville (92). Organisé par le Vulcan Scooter Club www.vulcansc.fr.st en association avec Radical GC et le Vespa Club de Chaville. Cette manifestation est une des rares de la sorte en France alors que d’autres pays européen comme l’Allemagne en compte plusieurs et de dimensions bien supérieures, merci donc aux Vulcan !
Pour ceux qui ne connaissent pas le milieu du scooter tendance scooter boy, ne vous attendez pas à ne trouver à Chaville que des exemplaires de collection restaurés façon maniaque de ces fameuses guêpes. Certes il y a bien de vieux modèles dans un état irréprochable mais le gros de l’expo est plutôt orientée transformation de scooters italiens plus où moins récents. Customisation me direz-vous ? Le terme pourrait convenir mais il me fait trop penser à ces trikes ciselées aux peintures pailletées que l’on trouvait dans ces magazines pseudo américains de mes jeunes années où encore aux réalisations plus qu’approximatives de Mob’Chop donc pas de customisation ici !
 
L’Atrium de Chaville est un lieu sympa à mi-chemin entre la MJC locale et le théâtre de Chaillot ! L’action se situe dans la salle d’expo en sous-sol accessible par escalier et dont un monte charge assure l’accès aux scooters.  La présentation est bien faite, quelques mises en scène avec photos et accessoires apportent un ton original. Le gros de la troupe est constitué de Vespa et de Lambretta, 2 marques italiennes qui auront marquées les esprits de nombre de vos parents qui les utilisaient pour aller au boulot où en vacances à une époque ou ils étaient bien moins chers que les automobiles.  Cela n’a pas duré après la démocratisation de modèles tels que la 4CV Renault où encore la 2CV Citroën.
 
Les vespas les plus intéressants arborent un niveau de réalisation très élevé. Les peintures sont de qualité et la mécanique n’est pas oubliée. Il est toujours étonnant de voir ce qu’il est capable de faire avec de simples monocylindres 2 temps de 200cc. Les allemands sont passés maîtres en la matière et n’hésitent pas des greffes aussi improbables que des cylindres de 250 cc Honda CR avec carbus de 30 et boite à clapets du même tonneau !  Les plus sauvages vont jusqu’au kit NOS, refroidissement liquide, etc. Les anglais sont eux des spécialistes des pots de détentes qui n’ont rien à envier à ceux des japoniaiseries que vous pouvez croiser sur les terrains de cross ! De nombreux magasins étaient également présents avec des stands de pièces et/où des réalisations complètes émanant de leurs ateliers. Les français de www.scooterworld.fr les anglais de www.italia-refinish-customscoots.com , les allemands très connus de www.sip.scootershop.com n’étaient pas là mais leur savoir faire est reconnu depuis de nombreuses années dans le milieu.
 
Des trophées sont remis à la fin de la journée aux plus beaux scooters et l’ambiance est relax dans les allées même si les visiteurs présents on un look très … underground ! Dans le milieu scootériste la musique à une très (trop) grande importance et plusieurs courants s’y croisent. Depuis de nombreuses années les runs (concentre scooters) vibrent au son de la Northern Soul et du Ska mais on y entends aussi de la pop anglaise branchouille et dans une moindre mesure du Punk, Hardcore, Techno (spécialité des runs allemands) et diverses bizarreries de fin de soirée !
Le public présent à ce show oscille donc entre amateurs de chacun de ces courants musicaux avec une commune attirance pour les scooters et pékin de passage. Attention cependant à ne pas assimiler les scooter boys à de simples aficionados des scooters italiens très pratique pour aller bosser en ville. La condition sine qua non pour mériter cette appartenance est de faire bon nombre de runs durant la saison en s’y rendant exclusivement en scooter où presque, le serrage intempestif étant légion avec ces petites bêtes surtout après plusieurs centaines de bornes d’autoroutes à fond …
 
Cela peut paraître très improbables mais de petits groupes de scooter boys sillonnent l’Europe pour se rendre à ces concentre et pourraient en remontrer à nombre de motards auto intronisés gros rouleurs ! Ces ‘terboys ont un certain mérite que leur accorderont tous ceux qui ont eu l’occasion de faire de la route sur un bon vieux Vespa quand même pas prévu pour aligner plus de 1000 bornes dans le week end ! Nous avons fait pas mal de runs avec mes potes du Northern VS, des week ends plutôt …rock’n roll !
 
Imaginez le froid humide d’un vendredi soir de mai 1994 à Beauvais, Oise. L’été n’est pas encore là et la nuit venue l’ambiance est plutôt …nordique ! Jojo et moi-même nous retrouvons pour un week-end mémorable …
 
Nous avions convenu de longue date de faire ce run Allemand dont les belges nous avaient tant parlé comme étant le premier d’un nouveau club bien dynamique. Nous devions donc nous rendre à Lippstad derrière Dortmund non sans avoir fait la traditionnelle halte à Liège pour passer une nuit chez Michelle et Olivier. Départ donc après le boulot vers 19h pour presque 400 Km d’autoroute. Le vent est favorable (très important le vent en vespa !) et cette première étape est avalée en à peine 4 heures sans trop de pluie. J’ai prêté une coque complète à jojo qui a put y monter son moteur dans la semaine et pouvoir venir car son scoot’ est en cours de transformation.
Nous profitons de l’aspiration des camions pour maintenir une moyenne très correcte. Attention quand même au serrage car aspiration = moins de refroidissement, moins de gaz donc moins d’huile ; méfiance …
 
Tout se passe bien et nous arrivons sur les coteaux de Liège vers 23h, un peu fourbus mais content. Comme d’habitude l’accueil est royal et nous finissons la soirée autour de lasagnes maison accompagnées des traditionnelles Jupi (ler), Jupille est un petit village à côté de Liège et cette bière se boit ici comme de l’eau ! Des casiers complets prennent d’ailleurs le frais sur la terrasse.
 
La nuit fut courte et nous mettons le cap sur l’Allemagne le samedi vers 11h. Lucie, Bruno, Fabian, Maud et Kiki nous ont rejoins, nous voilà donc 9 sur la route pour 5 scoots ça nous donne un petit air de Hells Angels sur les autoroutes wallons du roi Baudouin ! Heureusement que nos belges connaissent la route car je ne souhaite à personne de se perdre dans la Ruhr sous la pluie (il pleut) et ses autoroutes dans tous les sens ou seul le bled suivant est indiqué !  Le vent n’est plus du tout avec nous et la pluie redouble sur nos pauvres cirés Décathlon. Nous nous évertuions à cette époque à n’utiliser que des vêtements alternatifs absolument pas prévus pour l’usage demandé, il nous aurait été plus simple d’acheter une bonne combinaison de pluie de moto mais on a sa fierté !
 
C’est avec les fringues plus qu’humides que nous stoppons vers 14h dans un Mc Do, valeur sure du voyageur pour nous sustenter. Bref on va se faire un Big Mac because on a grave la dalle ! C’est dingue comme un Mc Do de zone industrielle peut devenir une oasis d’hospitalité et de tranquillité face aux éléments déchaînés (il pleut de plus en plus et à 14h on croirait qu’il fait nuit). Il est également étonnant de constater comment les propos échangés à cette occasion peuvent être d’une si faible intensité intellectuelle ! reBref, on ne raconte que des conneries pour ne pas dire plus, heureusement que les clients autour de nous ne nous comprennent pas ! La pause s’éternise et nous ne sommes pas très motivés pour repartir …
 
Il pleut un peu moins et nous remettons les scoots en route vers 16h, il nous reste environs 200 Km donc nous devrions être bon pour arriver à l’heure de la soupe. C’est ce qui aurait du se passer normalement avant que fabian ne crève. Comme sa roue de secours (privilège du vespa) est à plat, nous lui en prêtons une. Ca n’a l’air de rien et même si l’opération est rapide le changement d’une roue sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute allemande très roulante de nuit et sous la pluie se transforme vite en épreuve ! La dextérité de nos gros doigts gelés fait que nous ne restons pas trop longtemps en fâcheuse posture.
 
Nous quittons l’autoroute pour les derniers kilomètres, il est 19h passée et le vent de face a vraiment cassé la moyenne des vespa carrossés comme des armoires normandes !
De l’autoroute  nous passons sur des départementales qui ressemblent plus à des torrents qu’à des voies praticables. Les nombreuses traversées à gué ( !?!) auront raison du moteur de fabian qui s’arrêtent dans un chouette beuheuheuheu … Ambiance : nuit noire, pluie, forêt, personne à l’horizon. Pas la peine de réfléchir des heures et on sort les outils. L’avantage du vespa dans de telles conditions est qu’il se bricole comme une grosse mob, un tournevis, une clé de 8 et de 13 et vous pouvez démonter 99% du bazar ! Bougie, gicleurs et filtre à air sont déposés et nettoyés mais rien n’y fait. Le moteur est plus qu’humide et il doit s’agir d’une panne électrique. Nous commençons donc à démonter et sécher (sous la pluie, j’insiste) tout ce qu’on trouve sur le bloc qui n’est plus de la première jeunesse et n’a pas vu un mécano depuis … la dernière fois !
Après moult démontages et quelques essais de démarrage à la poussette le berlingue reprends enfin vie, il était temps vu qu’à presque 20h30 nous avons vraiment hâte d’arriver !
 
Les premiers panneaux annonciateurs sont là et nous voila à l’entrée du campsite enfin, de la pâture à vache même pas tondue ! Petit réconfort, les gars de l’entrée en voyant nos plaques française nous font 100% de réduction, sympa. Il ne nous reste plus qu’à monter la tente (toujours sous la pluie). C’est toujours un exercice particulier dans le noir après tant de route lorsqu’on ne se rend pas compte de l’endroit ou l’on est !
 
Il est presque 22h quand nous arrivons au bar du chapiteau qui abrite également la sono d’une soirée qui a l’air d’être commencé depuis longtemps pour certains. 2 marks la pinte de bière, il va falloir que l’on mange un peu de pâtes à la sauces tomates si on ne veut pas finir comme ces charmants scooter boys allemands que nous avons vu vomir en entrant…Nous prenons un bon rythme de croisière alternant bière, schnaps et cocktails que je n’ai jamais revu ailleurs : dans une pinte vide mettez 2 doigts de RedBull, un trait de genièvre et complétez avec de la bière blonde (type Grolsch) et vous vous retrouvez avec un truc à ne pas mettre en toutes les mains !
Bref la nuit est bien partie pour être chaude ! La sono déverse les standards de concentre Northern soul et Rock Steady avec quelques touches germaniques style « I like to move it » pour ceux qui connaissent. Tout roule et on rigole franchement, les belges étant de gros fétards que même une route éprouvante ne décourage pas de vider des chopines en tapant les pas de danse qui vont bien.
La remise des prix commence et c’est avec plaisir que nous nous voyons décerné le « best road » pour le plus gros kilométrage fait pour venir. Jojo me montre un gars qui semble totalement disproportionné. Alors que nous passons facilement sous les traverses du chapiteau, lui s’y appuie avec les coudes ! En plus il ne semble pas avoir plus de 18 ans, un vrai golgoth comme ont dit. On pose le trophée (planchette + pignon de 4ème) sur le bar afin de le fêter dignement, ce que nous fîmes. Jusque trop tard malheureusement ….
 
Nous émergeons dimanche matin avec un mal de cheveux caractéristiques et pas du tout envie de se taper les 600 bornes du retour … Direction le chapiteau d’où provient une délicieuse odeur de frustuck à l’allemande. Ils servent de l’omelette avec des oignons, des petits pains et de grandes tasses de café, exactement ce qu’il nous fallait pour petit déjeuner … à 11h30 !
Les belges ne sont pas non plus pressés de partir puisqu’ils ont moitié moins de kilomètres à faire que nous. La pluie a cessée mais le vent la remplace, vous connaissez le proverbe : entre la peste où le choléra …. Grâce à notre habitude nous ne cherchons pas les sanitaires qui n’existent pas et la toilette du matin se résume à …rien. Pliage de tente et roule.
 
Les premiers kilomètres se font un peu dans le coton mais le vent nous réveille assez vite même si nous sommes un peu sur les réserves ! Tout se passe bien jusqu’à Liège ou nous arrivons vers 19h. Nous avions prévu de continuer sans s’arrêter mais finalement Jojo et moi ne pouvons résister à une super bouffe sur l’aire d’autoroute de Barchon : sandwich triangle, chips et coca, que du diététique ! Nous faisons le bilan du week end avec les liègeois en termes choisis. Il semble que nous ne présentions pas trop bien puisque les gens qui passent donnent la main à leurs gosses et nous scrutent comme si nous venions de descendre d’un vaisseau spatial ! Ce n’est finalement pas si dérangeant et on se marre bien !
 
La Belgique est vraiment très accueillante mais il nous reste presque 400km et demain « y’a école ». Ignition.
Il fait bien nuit quand nous repartons mais nous connaissons très bien la deuxième partie de la route. Les gens dans les voitures qui nous doublent nous regardent avec des yeux exorbités, je doute qu’ils nous envient beaucoup. Qu’ils se rassurent, nous non plus !
L’autoroute est certes un peu monotone mais on moins on avance sans avoir à sortir la carte toutes les 5 minutes. La sortie Roye est enfin en vue et nous nous y arrêtons un peu plus longuement. Il est minuit passé et on commence à accuser vraiment le coup. Il m’arrive même de piquer du nez en roulant ! Ce n’est pas sérieux. Donc on y retourne et vraiment nous traversons des villages qui paraissent complètement morts :  à Froissy un tel dimanche soir il ne doit pas y avoir plus de pékin que sur l’Altiplano péruvien ! On s’attend presque à voir des buissons rouler en travers de la route …
 
Je regarde ma montre qui indique 1h10 en rentrant le scoot’ au garage. 1300 bornes dans le week end avec ce bon vieux Géminox qui ne demande qu’à repartir.  A chaque fois que je raconte ce type de sortie les jours suivants, les gens hésitent entre me prendre pour un fou où un très bon menteur. Cela nous conforte dans notre appartenance à la petite tribu des scootéristes … Seule saura y mettre fin la R90S que j’achèterai en 96 mais ça c’est une autre histoire !
 
 

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