Vendredi 9 février 2007
                        Lâche haine cinématique
 
Il est des interventions mécaniques qui n’ont rien d’urgent mais qui le deviennent dès qu’on l’a décidé. Ca faisait un bon moment que ma boite sifflait et que l’embrayage donnait des signes de patinages intermittents. J’aurais put continuer comme ça encore un bon moment mais les dégâts occasionnés dans une boite par un roulement baladeur m’ont décidés à déposer cette dernière à 78000 km pour une bonne réfection.
L’opération n’est pas compliquée mais oblige à déposer tout un tas de trucs dont on se serait bien passé. Dans l’ordre batterie, porte batterie, filtre à air et son support, coudes plastiques. Il est également impératif de désolidariser les deux carbus des pipes d’admission pour pouvoir les poser sur les culasses et libérer ainsi le passage de la boite. Vous pouvez laisser tous les câbles en place ce qui sera autant de temps de gagné au remontage. Ne pas oublier de déposer le mécanisme de débrayage et la butée, attention car la tige est fragile mais elle peut rester en place si l’on y fait bien gaffe. Les 4 vis d’arbre viennent bien si l’on a des doigts de fées et une bonne aptitude à appuyer sur le frein arrière pendant qu’on les desserre. Une fois les vis de fixation au carter moteur retirées on se croit en vue d’une bonne bière fraîche et l’on se trompe. L’arbre cannelé qui rentre dans l’embrayage oblige à reculer la boite pour la sortir. Elle vient alors buter dans le bras oscillant car il n’y a pas assez de place … Là deux écoles s’affrontent : ceux qui avancent le moteur et ceux qui reculent le bras oscillant. Personnellement je suis du deuxième collège. Il suffit juste de démonter les deux pivots latéraux et d’appeler un pote qui va tirer la roue arrière pendant que vous sortez la boite. A ce stade vérifiez bien que vous avez débranché le témoin de point mort sinon vous allez en arracher les fils dans la précipitation.
 
Après avoir pris beaucoup de renseignements sur la réfection d’une boite de vitesse de série R, j’ai du me rendre à l’évidence que mes compétences limitées en la matière ne serait vraiment pas servies par l’inadéquation de ma caisse à outils. Bref je l’ai déposé chez MotoTechnic Anciennes à Rouen (76) qui me l’a rendue comme neuve pour 500 € comprenant la main d’œuvre, tous les joints et roulements ainsi qu’un pignon qui faisait plutôt la gueule. Ce n’est pas donné mais le boulot est bien fait, le gars sympa bref c’est le prix de la tranquillité. Je me suis réservé l’embrayage dont j’ai commandé le disque chez www.siebenrock.com  Ma R100 est équipé du modèle allégé qu’il est facile de bloquer avec un gros clou tordue fixé à un des goujons de la boite. Comme je souhaite changer le joint spi de volant moteur il va me falloir le déposer. Pour dévisser ses 5 grosses vis j’ai fabriqué une cale avec un fer plat percé de 2 trous pour 2 des BTR. Une fois vissée sur le volant on le fait tourner jusqu’à ce que le fer plat bute sur l’épaulement interne gauche du carter. Ainsi bloqué on peut appliquer la force nécessaire pour enlever les 5 vis, et il en faut. Cliquet, rallonge et douille de qualité bienvenues.  
 
Attention, à ce stade 2 précautions s’imposent. Il faut repérer le montage du volant par rapport à la position des pistons. Pour ma part j’ai marqué l’intérieur d’une vis au talc et sa position sur le volant. Si vous ne le faites pas vous risquez d’avoir les repères de réglage de l’allumage sur le volant qui ne sont plus au bon endroit.
Il faut également caler le vilebrequin car si vous le faites avancer les rondelles de calage peuvent sortir de leurs pions et il vous faudra ouvrir tout le moteur pour les repositionner … Gaffe … Pour ce faire j’ai déposé le carter d’allumage, placé une cale de bois sur l’axe de l’alternateur et fait passer une sangle autour des berceaux du cadre à la même hauteur. Comme ils sont en retrait la sangle serrée repose sur la cale et pousse le vilo vers l’arrière avec assez de force pour qu’il n’avance pas tant que l’on ne tape pas dessus exprès …
Le joint spi vient facilement en perçant et vissant 2 vis à bois diamétralement opposé dans son épaisseur. On tire dessus avec une bonne pince et le tour est joué. Pour déposer la douille restée en place il faut la faire tourner légèrement indépendamment du vilebrequin par petits coups secs de biais sur un des 5 trous avec un jet pas trop dur pour ne pas la marquer. Une fois qu’on a libéré un petit épaulement à l’intérieur il faut y glisser la tête d’un clou de 110 dont la pointe a été recourbée. Cela permettra d’y prendre appui avec un pied de biche et une cale en bois pour protéger le carter. On fait levier plusieurs fois par petite touche sur chaque trous et la douille vient gentiment. Ca fait bricolo mais ça marche nickel, on ne casse rien et on ne s’énerve pas !
Le champ est libre pour mettre un joint torique neuf sur cette douille et la remonter ainsi que le volant avec des vis neuves serrées au couple. Gaffe lors du remontage du bras oscillant, il faut le centrer en utilisant un jeu de cale et en jouant sur les pivots jusqu’à ce que l’écartement avec le cadre soit le même de chaque coté.
 
Dans la foulée j’ai déposé la roue arrière pour en changer les roulements et le couple conique qui s’était vidé de son huile dans le garage pour lui refaire une jeunesse. J’ai ainsi découvert qu’il fallait tout un jeu d’entretoises de calage des roulements pour les régler correctement. Idem pour le couple conique dont la dépose / repose des joints et des roulements nécessite plusieurs outils et un savoir-faire dont je ne dispose pas. Ce coup-là ce sont les gars de www.legendes-motorcycle.com  à Sannois (95) qui m’ont fait le boulot pour 250 € sans les roulements de roues que j’avais déjà mais avec tous les joints et roulements du couple conique. Au remontage de ce dernier j’avais oublié d’acheter le joint papier de jonction avec le bras oscillant. J’en ai taillé un dans un carton de lait et le résultat semble tout aussi étanche que celui d’origine.
Dans le désordre j’ai aussi mis un train de Metzeler 33 neufs et un régulateur électronique, la charge semble s’en trouver améliorée. Après avoir mis de l’huile neuve partout ou il en fallait et bien dégraissé les freins je suis de nouveau sur la route. Et c’est bien le principal !
Samedi 11 mars 2006
AMORTOS ET CLIGNOTANTS
 
Aucuns rapports me direz-vous et vous aurez raison ! Dans mon cas le seul point commun entre ces 2 équipements c’est que j’ai décidé de les changer en même temps. A 76500 km en cette mi juillet, j’en ai eu assez des clignotants qui marchent par intermittence ( !) et des amortos aussi jolis qu’inefficaces. 
 
La centrale de clignotants se situe dans le phare et est assez facile d’accès. La mienne est collée au scotch double face sur son support pour éviter qu’elle ne bouge. Son branchement est des plus simpliste et une fois déposé je peux me rendre compte qu’elle est bien estampillé BMW, un bel exemplaire d’origine, HS.
Je commence par le début en demandant à un concessionnaire parisien bien connu le prix de la chose. En m’entendant annoncer 56 euros je me demande si elle ne fonctionne pas à l’énergie atomique ! Je vais finalement trouver mon bonheur chez le marchand de pièces auto du coin pour la modique somme de 9 euros. Il s’agit d’un modèle de chez Valeo aux normes ISO (réf. 641422) qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à celui qui m’a lâchement laissé tomber. Facile.
 
Mes amortisseurs sont ceux d’origine avec des ressorts chromés. Ils ont une esthétique irréprochable mais sont en réalité plus près de la pompe à vélo que du Ohlins à gaz …
Leur reconditionnement risque de me coûter aussi cher que du neuf donc je part en quête de prix chez les marques connues que sont Koni http://www.ikonsuspension.com et Hagon http://www.hagon-shocks.co.uk/main1st.htm . Pour avoir eu des Hagon sur ma 90S, j’ai envie d’essayer les Koni. Le problème c’est que je me souviens très bien avoir payé 750 F ma paire de Hagon il y a quelques années et que ça me paraissait être un prix correct pour une paire d’amortisseur. Quelle ne fut pas ma déception de constater que les Koni se vendent à plus de 300 euros et les Hagon dans les 150 euros … Je ne parle même pas des Ohlins qui ont déjà la couleur de l’or, ils ne leur manquait que le prix !
 
Les tarifs les plus bas que j’ai put trouver pour acheter Hagon où Koni sont sur le site de Motorworks http://www.motorworks.co.uk/rd/home.php . C’est un magasin anglais qui offre au téléchargement son catalogue très complet de pièces d’origine neuves où d’occasions pour nos vieux flats. Sont également référencés nombre de pièces adaptables tels que des disques d’embrayage, plaquettes où encore amortisseurs. Bref je me prépare psychologiquement à passer la carte bleue au laminoir lorsque j’intercepte une annonce sur le net pour une paire d’amortos de Triumph Bonneville préalablement montés sur une R100. Ils sont chromés comme les miens, disposent de 5 réglages de dureté du ressort et surtout ont le même entraxe que ceux d’origine. Ils sont en très bon état car très peu roulés. Je me dis que la technologie mise en œuvre par Triumph pour ses amortisseurs doit quand même être relativement fiable et efficace, de plus comme j’ai un peu négocié pour les avoir à 100 euros, le rapport qualité / prix est des plus intéressant. Vendus !
 
A la réception l’emballage est soigné et les amortisseurs correspondent exactement à la description qui m’en avait été faite et même les silent blocks sont présents, il y a bien des gens corrects sur le net … J’avais oublié comment monter une paire d’amortisseurs arrière pouvait être usant psychologiquement ! Il faut démonter les silencieux pour passer le boulon du bas à gauche et celui d’en  haut à droite se montera facilement si vous déposez la selle où si vous avez des bras de 2 mètres ! Attention d’ailleurs à mettre un boulon de la bonne taille ne dépassant pas trop de la bride en bas à gauche sinon vous risquez d’avoir du mal à déposer la roue.
 
Ils sont nettement plus raides que les anciens lorsque je roule seul mais avec la dureté réglée au minimum c’est plutôt pas mal. Ils sont vraiment bien lorsque nous sommes deux avec les valises car en les durcissant la moto garde une assiette et un comportement identique au roulage en solo. Je pensais au départ qu’ils relevaient l’arrière de la moto mais en réalité c’était les anciens complètement avachis qui le tassait plus que de raison.
 
To be continued ….

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